Le CASTRUM

Le premier castrum : au XI° siècle le site et son territoire sont inscrits dans les textes comme propriété libre de la famille de VENCE ; puis par le mariage d'Odile avec le Vicomte FOULQUES de MARSEILLE., la propriété entre dans le domaine vicomtal. En 1044, les deux époux concèdent la moitié du domaine à la puissante abbaye marseillaise de Saint-Victor.

En 1150, les seigneurs de SIGNES, successeurs des vicomtes de MARSEILLE, opèrent une razzia sur les biens de l'abbaye : pillage économique et destruction matérielle : le castellum est détruit et abandonné.

Il semble que ce petit castrum ait été implanté sur la butte de Camp long que les Rougiérois appellent Castéou (transmission orale).

Le deuxième castrum se situe sur la crête de Saint-Jean : sa construction date de la fin du XII° siècle.

Solidement bâti en pierres et entouré de larges murailles, surmonté de tours, le castrum occupe une position stratégique. En 1166, les seigneurs de SIGNES versent une forte amende de dédommagement à l'Abbaye Saint-Victor qui se désintéresse alors de cette terre. Ils en deviennent donc les seuls maîtres.

Mais une charte dans un cartulaire (recueil de titres relatifs aux droits temporels d'une église) du 25 décembre 1242 indique que ROUGIERS est un fief mouvant des rois de France et des comtes de PROVENCE.

Ils y possèdent le grand domaine, le droit de haute justice, d'albergue (droit d'hébergement) et de cavalcade (ce droit consistait à obtenir un cavalier monté et équipé, chaque année, aux frais du pays). Ce dernier droit est converti plus tard en une somme d'argent à verser au couvent royal de SAINT-MAXIMIN.

Selon la tradition locale, SAINT LOUIS (Louis IX) serait venu à ROUGIERS. Il ne semble pas, compte tenu des dates (1223/1226) que cela soit possible. Par contre le fils de Marie de HONGRIE et de Charles, COMTE d'ANJOU et de PROVENCE, né en février dans le château royal de BRIGNOLES et qui fut évêque de TOULOUSE, était lui aussi appelé SAINT LOUIS. Il est mort à BRIGNOLES le 19 août 1297 et il a très bien pu passer à ROUGIERS en allant en pèlerinage à la Sainte Baume.

Vers la fin du XIII siècle, la population souhaite se rapprocher des champs cultivés tout en se mettant sous protection du prieuré SAINT HONORAT fondé pat l'abbaye de LA CELLE ; d'où la naissance de la bourgade du Plan, aujourd'hui le Pays Haut.

Un lent mouvement de migration s'opère vers la plaine, ralenti et même inversé entre les années 1330 et 1345, en raison de l'installation d'un atelier de verrier à Saint-Jean. Cet épisode de la vie du site s'accompagne d'une prospérité évidente : la population est nombreuse et active.

Après la chute démographique engendrée par la terrible peste de 1348 (il ne reste que 13 feux fiscaux vers 1400 contre 34 en 1316), des troubles économiques et politiques graves se produisent en PROVENCE. Par ordonnance comtale, obligation est faite de remettre en état les fortifications et de se retirer dans les lieux fermés : le castrum perché est réoccupé de 1360 à 1375.

En mars 1403, Louis II, roi de SICILE et de JERUSALEM, revient passer quelques jours en PROVENCE avec son épouse, la reine Yolande qu'il a épousé à ARLES le 2 décembre 1400. Ils séjournent à BRIGNOLES et font un pèlerinage à la Sainte Baume. Passent-ils une nuit à ROUGIERS ?

Cela est fort probable compte tenu de la nécessité des étapes ; il existe en effet une auberge en contrebas du village à cette époque.

La paix revenue au début du XV° siècle, la migration vers la plaine reprend. La première bourgade (pays haut) est bientôt concurrencée par un autre hameau construit plus bas, le long du chemin allant de MARSEILLE à TOURVES. Cette seconde agglomération se limite à quelques maisons en 1424.

Par testament, Charles du MAINE, dernier Comte de PROVENCE et neveu du Roi René lègue la PROVENCE à Louis XI en 1481.

En août 1486, la PROVENCE dont la seigneurie de ROUGIERS fait partie est réunie à la Couronne de France.

Sous la Ligue (1495/1496), le seigneur de ROUGIERS s'allie à celui de Chasteuil contre le seigneur de CARCES qui le bat et l'oblige à combler ses tours. C'est l'abandon définitif du castrum. Seules les habitations de la plaine se développent et vers 1540 le deuxième hameau est devenu aussi important que le Pays Haut. ; il regroupe alors 25 habitations ainsi que plusieurs étables et fenils.

C'est à cette époque (vers 1556) que de belles maisons de style renaissance sont construites. On peut admirer la façade restaurée de l'une d'entre elles dans la grand rue du village actuel.

Ce serait François 1er lui-même qui aurait fait construire à cette époque cette maison où il aurait été logé, rappelons qu'il a régné de 1515 à 1547.

Au début du XVI° siècle, la seigneurie de ROUGIERS est la propriété de Bernard BOUTICARI, fils d'un florentin habitant MARSEILLE. Cet homme n'a pas d'enfants. A sa mort, le domaine revient à la Couronne.

François 1er en prend possession par ses lettres d'ARLES en 1533 et y installe un seigneur florentin : RODJERO de ROGERIO.

En 1675, la seigneurie passe à la famille du Marquis de FORESTA, seigneur de TOURVES. Ce dernier assure la sécurité des villageois. Ainsi en 1590, on note l'achat de 4 fusils afin de bien armer les quatre miliciens.


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Quelques photos du Castrum

Le plan du castrum (consultable à la Mairie)