LES CERCLES

Le 12 décembre 1850, le ministère de l'intérieur demande la fermeture des cabarets ou des cafés lorsque des emblèmes séditieux y ont été publiquement exposés, que des journaux y sont lus et commentés à haute voix, lorsque s'y engagent des discussions politiques ou que des chansons politiques y sont entonnées.

Toutefois, par décret du 25 mars 1852, la création de cercles est autorisée.

Le 2 mars 1855, 19 habitants de Rougiers créent le cercle d'Apollon et le 30 septembre 1856, le cercle Saint Jean.

Le 16 avril 1857, 29 habitants avaient créé le cercle de Sainte Cécile mais le 3 mars 1859 le sous Préfet « considérant que sans notre autorisation préalable les membres du cercle Sainte Cécile à Rougiers reçoivent journellement dans leur société des individus qui y sont étrangers, que malgré une première condamnation prononcée le 22 janvier 1859 par le tribunal de simple police de Saint Maximin ... arrêtons :

art. 1er : le cercle de Sainte Cécile autorisé par notre arrêté du 16 avril 1857 sera immédiatement fermé.

Art. 2 : le sous Préfet de Brignoles sera chargé de l'exécution du présent arrêté ».

Le 16 août, nous trouvons un rapport indiquant qu'il existe à Rougiers des hommes de parti qui, dans un moment de crise, pourraient devenir dangereux. Il s'agit de Poliste Jean-Baptiste Castinel, propriétaire et de Revest gendre Villecroze, 65 ans, propriétaire, tous deux « non condamnés » légitimistes.

Le 7 janvier 1858, 24 personnes demeurant au Pays Haut avaient ouvert le cercle de Saint Antoine et le 31 janvier 1859, 20 membres avaient constitué le cercle de l'Union ; aussi lorsque le sous Préfet demande au Préfet l'autorisation d'ouvrir le 9 novembre 1861 un cercle Saint Jean de la Paix, le préfet répond qu'il y a déjà trois cercles à Rougiers et refuse cette autorisation

Le cercle Saint Roch est créé par 38 membres le 2 juin 1865.

Le cercle de la Jeune France est fondé par 24 jeunes rougiérois le 4 février 1872 (le plus ancien Frédéric Tassy a 39 ans, les plus jeunes Joseph Martin et Ulysse Trotobas ont 21 ans).

En décembre 1878, il restait à Rougiers cinq cercles : Saint Jean, Saint Antoine, L'Union, Saint Roch et la Jeune France.

Le 24 avril 1880, le cercle de la Lyre Républicaine est autorisé par arrêté pour ne faire que de la musique, ce à quoi s'engagent ses 17 membres fondateurs. Ils se réuniront dans la salle du café Revest.

Il est indiqué lors de chaque autorisation que chaque société devra acquitter les droits fixés par la loi sur les contributions indirectes.

A ce jour, le cercle Saint Roch compte environ 70 membres. C'est le 4 juillet 1932 que Mr Henry Barbaroux, alors président du cercle, achète une maison dans le village pour en faire le siège de l'association. Celle-ci a acquis la capacité juridique par la loi du 1er juillet 1901. Le 7 décembre 1934, le cercle s'agrandit par l'achat de la maison attenante composée d'un rez-de-chaussée et d'un premier étage où figure la « fenêtre renaissance ».

Les derniers présidents qui se sont succédés sont Mrs Albert Chamoin, Jules Ardisson, Henri Requier, Jean Aubert et depuis le 19 novembre 1984, Louis Chamoin.

Le cercle de la Jeune France compte à ce jour 165 membres. Il a établi son siège dans la grande maison située dans le prolongement du cours, du côté de l'école primaire. Le 4 novembre 1928, les membres du cercle réunis en assemblée générale, décident l'achat de l'immeuble de Revest Léonard alors « café du cours » ainsi que sa licence et son matériel. Les frais de l'acquisition sont couverts par une souscription volontaire réservée aux membres du cercle et à leur famille. En novembre de cette même année, les statuts sont modifiés : l'article 22 mentionne notamment que la société musicale « la Lyre Républicaine » faisant partie du cercle, aucun membre ne peut faire partie d'aucune autre société musicale de la localité. Le règlement intérieur stipule (art. 19) qu'il sera fourni à la musique une salle chauffée, éclairée et pourvue du matériel nécessaire et qu'en retour la musique donnera son concours bénévole aux obsèques des membres du cercle.

64 souscripteurs ayant versé des fonds, l'acte d'achat est passé devant Maître Warin, notaire à Tourves, le 7 janvier 1929. Le nouveau cercle est inauguré le 28 avril à l'occasion d'une grande fête (retraite, bal et banquet de plus de 150 convives, dont Mr Michel, conseiller général et Mr Carmagnolle, député).

La Lyre Républicaine exécute sur le cours un concert dirigé par son chef François Revest et un grand bal est organisé sur le cours par l'orchestre Revest jusqu'à deux heures du matin.

En 1932, le dimanche 7 février et le mardi suivant, la jeunesse républicaine donne deux bals masqués organisés par Mr et Mme Bacquer. Le produit des quêtes est employé à l'achat d'un buste de Jaurès. Celui-ci est offert au cercle début avril lors d'une grande fête en faveur de la paix et du désarmement.

En 1936, un défilé carnavalesque est organisé par l'établissement.

Le 13 avril 1947, le Ministre de l'Agriculture rend visite au cercle.

En 1957, l'assemblée générale décide l'achat d'un poste de télévision afin d'amener à une fréquentation plus régulière de l'établissement.

Depuis 1929 se sont succédés les présidents : Henry Victorin (1929), Paul Vincent (1934), Raymond Revest dit Quiquetty (1935), Paul Vincent (1937), Marcel Barbarroux (1945), Henri Guillemet (1946), Paul Vincent (1948), Raymond Revest (1949), Paul Vincent (1952), Gilbert Henry (1957), Claude Revest (1974), Eugène Giraud dit Balin (1982), André Henry dit Bié (1991).


MUSIQUES

Les archives de la commune font état pour la première fois le 5 janvier 1896 d'un crédit de 100 F. voté pour l'encouragement du corps de musique.

On peut noter qu'en 1920, le 15 février, la Lyre Républicaine reprend ses concerts « malgré qu'un certain nombre de ses membres soient morts au champ d'honneur ». En 1932, c'est Camille Luquet qui la dirige prenant la succession de François Revest (dit Mexique).

En fait, deux musiques cohabitent de 1920 à 1945 : la Lyre Républicaine au cercle de la Jeune France et la Lyre Provençale au cercle Saint Roch.

Raymond Revest (dit Quetty) est entré dès l'âge de 15 ans à la Lyre Républicaine, dirigée par son oncle. A son retour de l'armée, il prend la direction de l'orchestre Revest succédant à son père qui lui-même avait succédé au sien. De nombreuses fanfares feront appel à lui pour animer avec sa trompette, les fêtes locales de tout le département.


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