L'ECLAIRAGE A TRAVERS LE TEMPS

Les premiers Rougiérois se sont éclairés avec des torches de bois résineux (du pin de nos forêts) puis avec des chandelles qu'ils fabriquaient avec du suif. La flamme tremblait, éclairait peu, fumait et sentait mauvais ; la chandelle fondait rapidement et il fallait la moucher souvent. De plus, elle était assez molle et se courbait facilement d'où danger d'incendie. Les paysans fabriquaient aussi des « chandelles de luxe » avec la cire de leurs ruches. La bougie de fabrication industrielle remplacera plus tard la chandelle car elle est peu coûteuse et rigide.

On passe ensuite aux lampes à huile tel le « calen » : un réservoir muni d'un bec ou d'un col contient de l'huile ; une mèche plongée dans le réservoir sort du bec ; l'huile qui imbibe la mèche, chauffée par une flamme, donne des vapeurs qui s'enflamment. Le paysan utilise souvent de la vieille huile rance ou usée.

Jusqu'en 1884, on éclaire les rues au moyen de réverbères ou de suspensions renfermant une lampe à huile, installés au coin des rues à la hauteur d'un premier étage. L'allumeur, à la tombée du jour, monte sur une échelle pour allumer les lampes à l'aide d'une longue torche ou d'un bâton terminé par une mèche imbibée d'huile enflammée. Le matin de bonne heure, il reprend sa tournée pour éteindre les flammes à l'aide d'un éteignoir, long bâton ayant à son extrémité un cône de métal.

De 1884 à 1910, le pétrole remplace l'huile dans les lampes des rues. Mme Revest Joséphine Marie née en 1880, se souvenait que l'éclairage des rues était supprimé en été par mesure d'économie.

Dans les maisons, les lampes à pétrole de fabrication plus compliquées détrônent les lampes à huile. La flamme réglable est plus éclairante, elle est aussi moins vacillante puisque protégée par un manchon de verre.

En 1895, un projet est soumis à la municipalité par Mr Gautier de Lambesc par lequel il propose d'électrifier le village à l'aide de « la force motrice hydraulique existant dans la canalisation principale des fontaines de Rougiers ». Ce projet a certainement été jugé utopique !

L'électricité est proposée aux Rougiérois à partir de 1910. La municipalité fait appel à la Société Energie Electrique du Littoral Méditerranéen. Une convention est signée le 31 juillet 1910 pour l'installation de 12 lampes d'éclairage des voies publiques de 16 bougies et de 10 lampes de 10 bougies. 2 lampes de 16 bougies sont prévues pour la mairie et 2 de 5 bougies pour l'éclairage des lieux d'aisance. Le Pays Haut n'a eu droit à 2 lampes de 10 bougies qu'en mars 1913.

Dès 1911, de nombreux habitants font installer l'électricité chez eux, cela se résumant le plus souvent à 2 lampes. Certains attendent des années avant de faire les frais de cette installation.

Le 28 septembre 1911, le conseil municipal décide de faire installer l'éclairage à l'électricité pour les bals.

De 1948 à1953, les fermes habitées et les habitations principales isolées sont électrifiées. En 1949, le réseau passe sous la responsabilité de l'E.D.F.. En 1963, on installe le courant au quartier de la Bastidette et au boulevard de la Ferrage et en 1968, le réseau est étendu aux extrémités du village et au delà de la route départementale.

Aujourd'hui, dans les rues, sur les places et les placettes, des réverbères ou des suspensions dispensent une lumière agréable. L'éclairage est commandé par un appareil, le Lumandar, qui déclenche ou éteint les ampoules en fonction de la clarté ambiante. Un contrat d'entretien et de maintenance a été passé avec une entreprise. Dans les maisons, l'électricité est largement utilisée. Pourtant les bougeoirs, les lampes anciennes sont soigneusement conservés comme éléments décoratifs.


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