L'ENSEIGNEMENT

La première date relevée dans les archives de la commune concernant l'enseignement primaire est 1614. C'est un prêtre, Louis Jolien qui est régent des écoles.

De 1614 à 1720, l'enseignement primaire est confié à un prêtre aubier(prêtre chargé de célébrer la messe de l'aube), Messire Belleuger. Le trésorier de la commune est chargé de remettre ses gages au prêtre - maître d'école qui enseigne de Pâques à la Saint Michel. Louis Jolien reçoit 11 écus, 54 sous, 1 charge, 1 panal, 1 picotin de blé. (Pour Brignoles et son district le panal, mesure de capacité de grains ou de légumes vaut 1,685 décalitre ; la charge est composée de 10 panaux et le picotin vaut 1/8° du panal).

A partir de 1720, l'école est parfois confiée à un maître laïque. Le premier d'entre eux est François Revest. Le conseil municipal décide « qu'il sera passé 60 livres au maître d'école, avec la maison de ville pour demeure de résidence et qu'il sera député pour faire le règlement des mois le sieur Revest, viguier et Messire Fabre, vicaire ; et ce qu'en cas que les enfants contenus au rôle ne viennent pas toute l'année, ils paieront comme s'ils étaient venus ».

Le maître d'école « doit montrer à lire, à écrire et l'arithmétique. De plus, tous ceux qui viendront à ladite école paieront mensuellement ».

Des difficultés se présentent pour l'enseignement du système métrique à cause de la diversité des unités de poids et de mesures utilisées selon la région. Ceci est d'ailleurs vrai pour la France entière. Le système métrique sera institué en France en 1795, il deviendra légal partout en 1799 et obligatoire en 1837, mais il faudra attendre encore longtemps pour qu'il soit appliqué.

Le 6 mai 1840, par délibération du Conseil Municipal, l'achat de terrains destinés à la maison de l'Ecole est décidé:

- Terrain de 130 m2 dépendantde la propriété, quartier de la Ferraï (Ferrage), actuellement emplacement de l'hôtel de ville, dont une partie sera pour la construction de l'Ecole et le reste la cour.

- Terrain du Cochonnier et de la fosse à fumier pour aplanir et faire une place.

L'Ecole sera ensuite agrandie par l'annexion d'une partie de la maison detachée du presbytère.

En 1852, l'admission sera gratuite à l'école publique dirigée par Mr Théophile Meffre pour 6 enfants indigents.

En 1854, ce sera pour 13 enfants indigents dans l'école dirigée par Mr Baudoin.

Le 22 mai 1854, le conseil municipal demande la suppression de l'école communale car 4 à 5 enfants payent seulement.

Le 4 décembre 1859, on ouvre une école des filles : l'institutrice est rétribuée par les parents d'élèves.

Le 5 février 1860, c'est la commune qui paye l'institutrice.

Le 9 mai 1861, sont admis 10 élèves indigents au lieu de 5 à l'école des filles.

Le 7 juillet 1867, il est décidé que l'école est gratuite pour les enfants de 6 à 12 ans révolus.

Le 5 août 1870, l'admission des enfants à l'école est gratuite pour les enfants de 6 à 13 ans. Il y aura toutefois la possibilité d'en accepter de plus jeunes ou de plus âgés à la condition qu'ils payent. Cependant, les maires doivent dresser la liste de tous les enfants dont les familles sont dans l'incapacité de payer la rétribution scolaire.

Le 4 décembre 1873, le conseil décide de construire une salle de bibliothèque, peut-être en prévision du don d'une bibliothèque de 900 volumes environ, de tableaux et d'objets d'art effectué le 20 juillet 1875 par Mr Pierre Garcin, propriétaire à Marseille, natif de Rougiers. Celui-ci s'engage en outre à payer les frais d'entretien de cette bibliothèque sa vie durant. Ces livres, sans grand intérêt de nos jours, ont été débarrassés par une brocante il y a quelques années.

Grâce à cette politique, de 1866 à 1876, Mr Fulconis, instituteur, ne signale que 5 illettrés parmi les 94 jeunes gens retenus pour le service militaire.

Le 10 août 1904, le conseil demande des aides au Préfet. En effet, les écoles de filles et maternelle congréganistes ayant été fermées l'année précédente, il y a afflux des enfants à l'école publique.

En 1908, les dépenses de l'instruction primaire sont encore acquittées par les particuliers, la commune et le département alors que la gratuité est complète depuis 1881.

Dès 1922, le maire Victorin Henry, envisage la construction d'un nouveau groupe scolaire, après avoir acheté la propriété de l'ancien notaire Mr Rougier.

Le 16 février 1923, l'autorisation de recevoir les enfants dès l'âge de 2 ans révolus dans la classe enfantine est accordée.

Sur le cours, la commune réalise le nouvel établissement. Le Préfet dira, lors de l'inauguration, « vous avez fait construire un petit palais ! ».

Il est très rare à cette époque en effet de trouver dans un petit village une école dotée du chauffage central, équipée de pièces au rez-de-chaussée éclairées de grandes baies ouvertes et carrelées de motifs de couleurs. L'école se compose de deux bâtiments : l'un pour les filles, l'autre pour les garçons. Il y eut longtemps trois classes géminées pour 80 à 100 élèves, deux cours, deux auvents, deux rangées de W.C., deux préaux,. Celui de l'école des filles a accueilli longtemps la garderie municipale.

Entre ces deux préaux existaient les douches municipales qui ont été démolies en 1978. Cette pièce a été transformée en garderie municipale.

Dès 1951, des cours post-scolaires agricoles et ménagers fonctionnent dans la commune : des maîtres itinérants, financés par la Mutualité Sociale Agricole sont installés dans la Maison Caudière.

Mr Victorin Henry, maire du village, et administrateur de la Mutualité Sociale Agricole, avait tenu à avoir cette école à Rougiers et avait fait aménager plusieurs pièces, dont uns cuisine pour l'école des filles. Le jardin de l'école primaire avait été mis à la disposition de l'instituteur détaché à l'enseignement agricole. Des élèves, âgés de 14 à 16 ans, venaient de plusieurs villages du canton. L'enseignement pratique pour les garçons (taille de vignes, débourgeonnage) était effectué chez les agriculteurs qui acceptaient les élèves et leur maître sur leurs terres.

Les maîtres qui se sont succédés lors des cours post-scolaires ont été pour les garçons : Mrs Maurice Espenel, Robert Campergue et Paul Chrestian ; pour les filles : Mme Espenel et Melle Gras.

De 1965 à 1984, l'école primaire n'a plus que deux classes. Mais en 1984, l'afflux d'une nouvelle population urbaine cherchant un cadre de vie plus agréable, permet la réouverture d'une troisième classe.

La poussée démographique devient si important qu'en 1987, il devient nécessaire d'ouvrir une école maternelle.

La municipalité achète l'ancien couvent appartenant à la compagnie des Filles de la Charité.

Après les aménagements nécessaires, l'école accueille les enfants dès l'âge de deux ans à partir de septembre 1988. Elle comprend deux classes, une salle de repos pour les plus petits et une salle de cantine utilisée par les deux écoles.

Le bâtiment qui présentait une fissure alarmante sur sa façade est a été sérieusement consolidé en 1996.


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