LES MOUVEMENTS REVOLUTIONNAIRES :

1789 - 1799

 

En mars 1789, ROUGIERS est un village de 600 habitants répartis entre le Pays Haut et le reste du pays éloigné de ce lieu d'environ 300 pas. Le seigneur, le comte Alphonse de CASTELLANE- MAJASTRE est propriétaire de la ferme du vieux château médiéval, d'un moulin à blé et de trois fours dont les paysans doivent obligatoirement se servir et lui payer des redevances (banalités). De plus, le seigneur est seul à avoir le droit de colombier ; or le paysan sème le blé et les pigeons du seigneur s'abattent dans les sillons et diminue ses chances de récolte. En 1789, ROUGIERS possède un curé et un vicaire. Le peuple des campagnes doit la dîme à l'église. En outre, les paysans supportent la plus grosse charge des impôts royaux : la taille qui correspond à l'impôt foncier est payée entièrement par les roturiers, les impôts indirects, aides , gabelle ... et enfin l'impôt du sang. En effet, seuls les paysans sont soumis au tirage au sort qui désigne les soldats de la milice destinés à renforcer les hommes racolés dans les villes. Ce dernier impôt qui les oblige à abandonner le travail des champs pour servir l'armée, est détesté des paysans.

Le Roi Louis XVI veut faire payer aussi les impôts aux nobles et au clergé pour emplir les caisses vides de l'état. Les privilégiés refusent. Le Roi décide de convoquer les Etats Généraux et demande la rédaction des cahiers de doléances.

A ROUGIERS, le 25 mars 1789, les hommes sont réunis pour rédiger ce cahier. Ils demandent entre autres :

Lazare VIDAL, notaire royal, et Jacques REVEST, négociant, porteront ledit cahier à BRIGNOLES pour le remettre aux députés.

Le 4 août 1789, c'est l'abolition des privilèges et de certains droits féodaux ainsi que la disparition de l'ancien régime.

Le 5 novembre 1789, il est décidé que les privilégiés paieront sur leurs biens une cotisation établie dans la même proportion et la même forme que les autres contribuables. Deux experts procèdent à l'encadastrement de ces biens (cette opération demandera du temps puisque ce n'est que le 27 février 1790 que les troupeaux de Madame de CASTELLANE, ci-devant dame de ROUGIERS, sont comptés pour la taille). Les ci-devant privilégiés paieront la taille même pour les six derniers mois de 1789.

9 décembre 1789 : création des départements

25 janvier 1790 : la Marquise de CASTELLANE réclame la redevance des six paires de perdrix qu'elle recevait chaque année mais « le conseil ayant lieu de croire que pareilles redevances ont été abolies par l'assemblée nationale par son décret du 4 août 1789, refuse de payer ».

14 février 1790 : élection des nouvelles municipalités.

A Rougiers, cent participants élisent un maire : Sieur Louis Probace Héraut, chirurgien, cinq conseillers municipaux, onze notables pour procéder à l'instruction des procès criminels.

La mairie se situait alors sur l'actuelle place de l'horloge, au premier étage de la maison accolée à la droite du clocher.

Par décret du 14 mai 1790, les communes sont autorisées à acquérir des domaines nationaux jusqu'à concurrence de 400 millions. Rougiers achète tous les biens nationaux du terroir : une terre au quartier du Truc, trois au quartier de Cros appartenant à Monseigneur l'Archevêque d'AIX en qualité de décimateur (il percevait la dîme).

30 août 1790 : désormais, les archives de Rougiers, portent l'en-tête : Département du VAR, District de Saint-Maximin, Canton de Rougiers.

21 septembre 1790 : le drapeau tricolore devient notre drapeau national.

27 novembre 1790 : l'Assemblée constituante exige un serment de fidélité à la constitution civile du clergé votée le 12 juillet. 96% des prêtres du VAR prêtent serment.

6 mars 1791 : découpage des territoires communaux en sections (plan)

Le territoire de Rougiers se décompose en huit sections : Pays bas, Pays haut, Pelisse, Poulanier, La Riperte, Puits de Queirel, Saint-Jean, Font de Piouran.

20 avril 1792 : la guerre est déclarée contre l'Autriche alliée à la PRUSSE. La France subit des revers.

8 juillet 1792 : la patrie est déclarée en danger.

8 août 1792 : envoi d'un citoyen de Rougiers au conseil de ville de Saint-Maximin pour décider des mesures à prendre.

14 septembre 1792 : dix braves volontaires se présentent pour voler au secours de la patrie. Deux cents livres sont données à chacun. Jean Barbaroux prête les deux mille livres nécessaires.

20 septembre 1792 : la victoire de VALMY sauve la France de l'invasion.

La convention abolit la royauté et proclame la République.

22 septembre 1792 : les actes publics sont datés de l'An I de la République.

10 décembre 1792 : la commune refuse de payer la pension féodale au citoyen Alphonse de Castellane «la commune ne doit aucune pension féodale et si elle en a payé, cela a été sans connaissance de cause et elle peut dire que le citoyen Castellane est ses auteurs avaient surpris la bonne foi des administrateurs de la commune quand ils avaient exigé le paiement de cette pension ».

10 mars 1793 : les biens d'Alphonse de Castellane, devenus nationaux par l'émigration, sont mis en vente aux enchères : terres labourables, vignes, oliviers, bois, prés, fours, moulin à blé d'un revenu important sont partagés en petits lots qui vont permettre à certains paysans de devenir propriétaires.

Après l'abolition définitive des droits féodaux et l'exécution de Louis XVI (21 janvier 1793), l'Europe se ligue contre la France. Les départements de l'Ouest et de grandes villes : Toulon, Lyon, Marseille restés royalistes, se révoltent. C'est la guerre civile et la terreur de 1794.

A compter du 23 août 1793, s'opère la mobilisation de la nation et a lieu la première tentative de service militaire mais en octobre, les élus demandent le retour des jeunes citoyens de la campagne des première et deuxième réquisitions pour ensemencer les terres.

30 novembre 1793 : en exécution du décret de la convention nationale, deux citoyens « se transportent à Notre Dame du Pays Haut pour jeter à bas le puits de communion, tous les fers et la cloche. Ils observent qu'une cloche se trouve à l'église et demandent au curé s'il n'a pas d'or et d'argent ».

Celui-ci dépose entre leurs mains un calice et une patène d'argent. Les objets sont transportés devant la porte de l'église et pesés par le citoyen Revest :

Le tout est porté à Saint-Maximin. Cette réquisition est faite au nom de la République pour la « fabrication des armes, afin de lutter contre les ennemis de la liberté ».

9 janvier 1794 : deux députés se transportent au port de la Montagne à Toulon pour manifester les sentiments de la commune de Rougiers, à l'occasion de la libération de la ville que les royalistes avaient livrée aux anglais.

27 février 1794 : à partir de cette date, un nombre important de décrets s'imposent ; la réquisition de tous les charbonniers pour la marine, la conversion de la pomme de terre en pain, la fabrication de salpêtre pour les munitions, la réquisition des cendres des fours par la commission des armes et poudres, la fourniture de salpêtre par décade.

12 juin 1794 : tous les citoyens de 18 à 25 ans qui ne rejoindraient pas l'armée d'Italie dans le délai d'un jour par cinq lieues seraient réputés lâches et par conséquent royalistes et punis conformément aux lois.

Fin décembre 1794 : il est demandé un don civique de souliers, de bas, de chemises.

27 janvier 1795 : les armes sont réquisitionnées.

6 mars 1795 : à partir de cette date, les cordonniers doivent faire deux paires de souliers par décade pendant la durée de la guerre.

Juillet 1795 : les charrettes de Nans, Rougiers et Saint Zacharie sont réquisitionnées pour porter les bois équarris de la forêt de la Sainte Baume à Toulon pour la marine « pour mettre nos forces maritimes en état de défense respectable et redoutable à celles des tyrans coalisés ».

On signalait déjà en 1793 que les récoltes de blé de 1791 et 1792 ayant été mauvaises, le blé manquait. Le village compte alors 900 habitants. Les villages voisins comme Saint-Zacharie demandent des secours. De nombreux étrangers passent dans le village et emportent du pain. Le maire prend alors la décision d'empêcher le grain de sortir de la commune et le citoyen boulanger-fournier ne peut délivrer de pain que sur présentation d'un bon de la municipalité. Cette pénurie dure jusqu'en 1795, à tel point que la commune doit acheter 3000 charges de blé à Marseille le 4 mars 1795 après avoir fait une cueillette (emprunt) chez les habitants.

Le 1er décembre de la même année, la viande manque également, d'où la réquisition de tous les troupeaux avec interdiction de vendre du bétail à un autre qu'au boucher du lieu sous peine de confiscation et d'une amende de 5 livres par bête.

22 août 1795 : la constitution de l'An III réduit le rôle des communes dans la vie locale ; il y a donc peu de délibérations depuis cette date.

18 Brumaire An VIII : le Directoire est renversé par le coup d'état du Général BONAPARTE (9 novembre 1799).

24 novembre 1799 : l'agence municipale de Rougiers reçoit la Loi du 18 Brumaire et l'ordre de l'afficher : « il convient d'avertir tous les citoyens à son de trompe et notamment les fonctionnaires publics et militaires d'assister à cette auguste cérémonie ».


Le bicentenaire de la révolution

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