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Petit lexique de la pédagogie
de l'échange et de la rencontre

sommaire

Faute(s), correction

Dès lors que dans le cadre d’une pédagogie de l’échange et de la rencontre la priorité est mise sur le plaisir de la communication et le besoin réel de communiquer, il est indispensable d’appréhender en d’autres termes la question de la correction. Comment en effet concilier éducation à l’ouverture et à la tolérance avec une sévérité et une rigueur génératrice d’inhibitions ?

Parler de faute, d’erreur, d’incorrection, c'est en fait se référer à un ensemble de phénomènes différents :

  • selon que l'on considère la démarche et le raisonnement, ou le résultat.
  • selon que l'on s'attache au caractère évitable de la faute ; si elle renvoie à ce qui a déjà été étudié, ou, au contraire, inévitable, car dû à un fait non encore connu.

Nous retrouvons ces différents types de faute dans la réalisation et l'étude des productions échangées.

Chaque enseignant attendra de ses élèves qu'ils élaborent des documents et des productions " sans fautes ", satisfaisants tant sur le plan technique que sur le plan esthétique.

Mais le sens que chacun donne à ce terme peut être très différent, selon les traditions spécifiques des pays respectifs et les conceptions éducatives renvoyant elles-mêmes à des structures éducatives et des types d'établissement différents, selon les disciplines et les approches privilégiées à l’intérieur de celles-ci (cf. excellence par la coopération *).

Une telle exigence, justifiée quant au principe, doit au sein d'un tel projet, être contrebalancée par une autre préoccupation : celle de savoir s'il est, dans tel cas particulier ou a tel moment, judicieux d'insister sur une faute et, à plus forte raison, de la sanctionner.

Il importe de prendre en compte la forme de travail choisie par l'élève :

  • était-il familiarisé avec celle-ci auparavant ?
  • les documents contiennent-ils des éléments linguistiques en langue maternelle ou en langue étrangère ?
  • le document réalisé a-t-il plutôt un caractère informatif, documentaire ou présente-t-il un point de vue personnel ?

Une telle exigence, justifiée quant au principe, doit au sein d'un tel projet, être contrebalancée par une autre préoccupation : celle de savoir s'il est, dans tel cas particulier ou a tel moment, judicieux d'insister sur une faute et, à plus forte raison, de la sanctionner.

Il importe de prendre en compte la forme de travail choisie par l'élève :

  • était-il familiarisé avec celle-ci auparavant ?
  • les documents contiennent-ils des éléments linguistiques en langue maternelle ou en langue étrangère ?

le document réalisé a-t-il plutôt un caractère informatif, documentaire ou présente-t-il un point de vue personnel ?L'enseignant doit formuler ses objectifs en tenant compte de la situation précise de ses élèves à un moment donné du projet et de l'état de leurs connaissances, conscient en particulier de ce qu'en posant des exigences fortes, surtout au départ, il risque de réduire à néant la curiosité et l'intérêt qui naissent d'un tel travail.

En matière technique, les élèves sont en général plus exigeants que les enseignants, surtout lorsqu'il s'agit de supports connus, tels la bande dessinée ou le roman-photo, mais aussi en ce qui concerne la qualité sonore ou graphique d'autres travaux. Les fautes eet les imperfections techniques disparaissent en général à partir du moment où les élèves reçoivent les conseils et l'aide d'un collègue enseignant ou d'un intervenant extérieur compétents - mais il ne sera jamais question de transformer des élèves en professionnels (cf. excellence par la coopération *).

En ce qui concerne la communication verbale, linguistique, l'enseignant constitue la référence pour la correction. Les élèves ne font pas ici forcément preuve de la même exigence et ont du mal à voir en quoi leurs fautes peuvent rendent la tâche du partenaire plus difficile.

C'est l'aspect du travail sur lequel la concertation entre enseignants doit être plus poussée, en débattant d'exemples précis de fautes de compréhension.

Selon la langue utilisée dans la partie linguistique des documents, langue maternelle ou langue étrangère, les difficultés et les fautes qui surgiront seront d'ordre différent. En langue maternelle, les fautes peuvent provenir de la coloration dialectale, des particularités régionales et/ou de l'usage d'une langue populaire et quotidienne. Le fait de ne pas comprendre ou de ne pas être compris constitue une expérience très précieuse pour les élèves, sans parler de la nécessité de réaliser de bons enregistrements et d'avoir une bonne prononciation, en faisant au besoin plusieurs essais. Nous ne saurions trop recommander, surtout pour les élèves débutants qui ne disposent encore que de peu de connaissances, de ne pas faire un usage exclusif de la langue étrangère. Hors de l'école, les jeunes utilisent les langues étrangères de façon mélangée ou sont au moins familiarisés par la télévision, la radio ou la bande dessinée à un usage simultané de plusieurs langues. Dans le travail en coopération, nous avons accepté les textes dans lesquels les élèves utilisaient les deux langues tant qu'ils étaient conscients du caractère hybride du texte.

A l'origine, nous pensions que les fautes entraînant une incompréhension partielle ou totale pourraient être corrigées par le jeu de demandes d'information que les groupes se seraient adressées spontanément entre les envois. La correction aurait ainsi été un élément d'échange entre les élèves ; mais les intervalles séparant les envois, le calendrier trop serré et le temps nécessaire pour un aller et retour trop long ont rendu ce mode de fonctionnement trop difficile. Les élèves n'ont, d'autre part, pas manifesté ce genre de besoin, à notre grand étonnement.

La communication intervient donc en règle générale selon les besoins à la suite de questions adressées par les élèves à " leur " enseignant (cf. réactions / échos *). Les corrections indispensables, souhaitables ou possibles sont laissées à l'appréciation de l'enseignant partenaire. Il importe donc que l’enseignant informe son collègue s’il a des doutes sur la justesse de certains passages qu’il pense difficilement compréhensibles ou contenant des erreurs d'informations.

Si de telles erreurs, source d'incompréhension, relèvent des faits exposés eux-mêmes, les difficultés sont moins grandes, en supposant toutefois que le point de vue présenté par les élèves n'entre pas, dans la signification affective qu'il a pour eux, en conflit avec les normes.

Le cas s'est présenté dans l'un des projets lorsque les élèves ont prétendu que, dans le règlement de leur établissement, il était permis de fumer alors que cela n'était pas vrai et figurait en toutes lettres dans le règlement de l'établissement. La mise au point, même si elle est importante, ne doit cependant pas forcément revêtir la forme d'une modification du texte, mais peut consister à prévenir le collègue-destinataire (cf. interprétation *).

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