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Petit lexique de la pédagogie
de l'échange et de la rencontre

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Interprétation

Le point de vue, la perception et le sens que les élèves formulent en ce qui concerne leurs propres réalisations et celles de leurs camarades sont à considérer comme prioritaires. Tout mode d'apprentissage et d'acquisition dialogique part du principe que ces processus ont lieu en liaison avec un contexte précis et des personnes réelles et que les informations ne peuvent être considérées comme des abstractions.

En contrepartie, le fait que les élèves communiquent entre eux dans un processus dialectique où se mêlent et se combinent perception de soi et de l'autre implique la nécessité de resituer ces expériences et ces observations dans un cadre plus élargi afin de pouvoir, le cas échéant, les relativiser ou même les corriger. C'est ce travail que nous appelons interprétation.

Il revient aux enseignants de prendre en charge une fonction interprétative fondée sur leurs connaissances de la langue et de la culture étrangères dans certaines situations telles que :

  • celle qui survient lorsqu'il est nécessaire de montrer ce qui peut se dissimuler derrière certaines affirmations, certaines prises de position des élèves qui renvoient à un contexte non explicité car supposé connu ou partagé ;
  • celle où il est indispensable de faire construire des éléments de structuration afin de pouvoir appréhender des phénomènes culturels, sociaux, politiques ou idéologiques de sa propre culture et/ou de la culture étrangère non plus isolément, mais de les mettre en rapport entre eux, les situer et les comparer éventuellement.

En outre, il peut se révéler nécessaire à certaines occasions que l'enseignant se fasse l'avocat du diable pour inciter ses élèves à prendre un certain recul par rapport à eux-mêmes et à leurs a priori intellectuels et affectifs.

Dans un tel contexte, l'interprétation n'a pas pour objectif d'imposer une norme mais de permettre de reconnaître et de situer sa position et celle de l'autre en (se) posant la question suivante : comment et où resituer les expériences et les réflexions concrètes des élèves tant à propos de la société étrangère que de la leur propre, supposée connue et familière ?

Cette capacité à repérer et à situer la position des acteurs dans la communication est indissolublement liée au fait de pouvoir prendre du recul par rapport à soi, à une capacité de distanciation et à l'aide que les enseignants peuvent apporter en la matière. Il ne s'agit pas là du tout pour eux de fournir la " bonne " explication, mais de confronter les élèves à différentes approches/perceptions d'un même phénomène et à faire en sorte qu'elles soient reconnues comme tout aussi valables que la sienne propre.

Le travail d'interprétation s'applique donc en premier lieu à la prise de conscience de ce qui se joue dans la négociation, dans l'échange inter-culturel tel qu'il se déroule entre les personnes impliquées en permettant aux élèves-acteurs de resituer leur(s) interprétation(s) à l'intérieur d'un ensemble de " possibles interprétatifs ", surtout quand il est question de phénomènes affectivement très marqués. Le rappel de l'évolution du point de vue des élèves au cours du projet, la mise en lumière de perspectives différentes, quitte même à être un peu provocatrices font autant partie de ce travail que le fait de fournir des informations et des données et donc de poser la question de la compréhension uniquement en termes de savoir. (cf. documentation *).

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